Comment dès
lors porter le deuil de nos amis, de nos confrères, sans auparavant avoir
cherché à comprendre le pourquoi des funérailles d’hier, celles de l’utopie
algérienne ?
Blanc d’une aube qui fut souillée.
Dans la
brilliance de ce désert-là, dans le retrait de l’écriture en quête d’une
langue hors les langues, en s’appliquant à effacer ardemment en soi toutes
les fureurs de l’autodévoration collective, retrouver un « dedans de la
parole » qui, seul, demeure notre patrie féconde.
Assia Djebar
Paris, avril-juillet 1995
Oran, langue morte,
Actes Sud,
1997
Le sang ne sèche pas,
Simplement il s’éteint.
Assia Djebar, Vaste est la prison
“The Tongue’s Blood
doesn’t run dry”,
Seven Stories
Blood does not dry up, it simply
is extinguished
Assia Djebar, So Vast the Prison
“Le sang ne sèche pas dans la langue” Assia Djebar
Paris, août 1996
"Oran, langue morte est le livre pour
lequel j'ai le plus d'attachement personnel: pour la raison que toutes les 7
nouvelles sont des documentaires. Toutes sont sur la violence sauf le récit
d'Annie et Fatima, mais toutes restent documentaires. Presque tous les faits
racontés sont la réalité. Je les écrivais aussitôt que je les ai entendus
oralement dans la rue, dans une rencontre de hasard, à la suite d'enseignements
rapides ... toutes ou presques toutes sont sur la violence des années 90. Toutes
donc viennent des récits, des gens par hasard, pendant mon séjour à Paris durant
l'été 1996."