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La nouba des femmes du Mont-Chenoua Reviews in France, scholarship - citations
« Pour moi,
l'idéal ce serait un type de cinéma où vous démarrez dans
…ce que vous cherchez à saisir ne l'a jamais été! » Assia Djebar, Interview with Isabelle Rüf.
Introduction by Mireille Calle-Gruber
“Il s’agit de La Nouba des femmes du Mont Chenoua, entrepris peu apres le retour de l’ecrivain au pays en 1979 pour la television d’Etat, le film recoit le prix de la critique a la Biennale de Venise en 1978. Le second film La Zerda ou les Chants de l’oubli est realise en 1982. C’est un film d’archives, long-metrage constitue par un montage des actualites cinematographiques francaises Gaumont-Pathe durant trente ans de colonialisme au Maghreb, de 1912 a 1942. Ce montage se trouve remis en œuvre et lieu d’operations deconstructrices par un travail a contrario de la bande-son : un veritable opera de voix (masculines, feminines), de langues (francaise, arabe, berbere), de cris et de chants, de commentaires martiaux et de deplorations, fuguent et font entames. »
Mireille Calle-Gruber, “Faire une scène au féminin”, Assia Djebar, ou la résistance de l’écriture, Maisonneuve & Larose, 2001 :
« Processus de trans – transport, transfigure, transfiguration, transit – , le récit diffracté semble être, dans l’économie de la scène djebarienne, la seule démarche possible pour aller au dehors, la seule marche pour porter au jour la scène du secret qui est par excellence celle des femmes d’Islam – maintenues au secret, sécrétant légendes immémoriales. […]
Car s’il y a pour enjeu l’émancipation des femmes dans les œuvres d’Assia Djebar, ce serait un contresens d’en calquer le mode sur quelques clichés de « libération » à l’occidentale. La liberté pour Assia Djebar ne relève pas du phantasme du tout-dire ou du tout-montrer. Ses livres et ses films disent, tout au contraire la nécessité de garder – regarder – le secret : le soigner, l’attendre, cheminer dans sa direction. La diffraction narrative permet, précisément, cela : porter au jour non pas « le secret » (qui dès lors n’en serait plus) mais porter au jour qu’il y a secret. C’est à regarder le secret que nous invite La Nouba.
Or, porter au jour de la lumière cinématographique qu’il y a secret, c’est donner à expérimenter, l’art de raconter. La lente élaboration des figures spatiales et mémorielles, la prise d’une parole inouie, maladroite, obscure en ses formulations, la transe de la danse, des chants et déplorations, les rituels de la fable et de deuil, c’est là secret de femmes : c’est le secret de l’art de raconter. C’est-à-dire de transmettre. Legs de femmes.
Jeanne-Marie Clerc, Assia Djebar, Ecrire, Transgresser, Résister, L’Harmattan, 1997 : Ce volume se propose de souligner la signification internationale d’une œuvre enracinée dans la diversité post-moderne, qui aspire à ne rien perdre de ses assisses culturelles et anthropologiques d’origine berbère et, simultanément, s’ouvre à l’Autre, autrefois ennemi, mais aussi reconnu comme frère au sein de son altérité même : l’Arabe, le Français. « Identité mosaïque » qui, marquée par l’enfermement féminin issu de la tradition islamique, mène un combat dont on a tenté ici de montrer les étapes, pour la libération des femmes, à la fois par le biais de la caméra et par celui de l’écriture. Ecriture de subversion et de résistance qui, comme on a essayé de le démontrer, à travers l’analyse de l’œuvre à la fois littéraire et cinématographique, trouve des échos profonds dans le « diversal » contemporain.
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